S'échappant du tumulte de Casablanca, Lino Bacco, "Monsieur Foot" de la chaine de TV 2M, trouve au Riad Azama un havre de paix en compagnie de toute sa famille.
Tous les Marocains connaissent Lino Bacco.
Plus de précisions cependant:
Portrait de Lino Bacco, le commentateur sportif le plus marocain des Italiens
Lino, l'incollable
Célèbre pour ses commentaires sportifs sur 2M, Lino Bacco est moins connu pour sa qualité de président de la chambre de commerce italienne. En tous cas, ce Marocain de c½ur peut se vanter d'un parcours et d'une personnalité d'exception.
S'il y avait un mot pour résumer la personne de Lino Bacco, ce serait Méditerranéen. Sa corpulence imposante, son visage à la bonhomie évidente, son ton à la fois posé et enjoué laissent deviner son origine italienne. Ce Sicilien du Maroc est un visage familier pour les Marocains, et plus particulièrement pour les mordus du ballon rond, puisqu'il présente, avec Mourad Moutawakil l'émission Planète Foot sur 2M, autrefois animée par Karim Dronet. C'est qu'il est incollable, le monsieur ! Sortez-lui n'importe quel championnat, une coupe du monde, un joueur, il vous sort à la seconde l'anthologie des rencontres, avec dates et meilleurs buts à l'appui.
Il suffit d'écouter ses commentaires sur les matchs de football, et plus précisément sur ceux du Calcio pour se convaincre de la culture footbalistique de Lino. On est littéralement séduits. L'accent italien doit y être pour quelque chose.
Passion
Louis G. Lo Bianco, Lino pour les intimes, est né à Casablanca, en 1946, de parents eux-mêmes nés au Maroc. Son grand-père, originaire de Sicile, est venu s'installer ici en 1911.
Après des études au lycée technique, Lino commence comme professeur technique adjoint à l'école italienne des Roches Noires. Les élèves sont plutôt récalcitrants, à tel point qu'il faut frapper du point pour se faire entendre. Il avait à peine 20 ans, et ses élèves souvent plus. Parallèlement, il collaborait avec des journaux de place, dans le sport, sa passion de toujours.
Son premier article est paru en septembre 1965. Une dizaine d'années plus tard, il devient secrétaire de rédaction au Matin du Sahara et chapeaute en même temps le service sportif. De cette période, un nom jaillit dans l'esprit de Lino : Marcel Pilard. «C'est mon maître, ma première leçon de journalisme. C'est un sujet-verbe-complément».
A ses débuts, Lino écrit régulièrement une chronique sur le football italien. A ce moment-là, tous les passionnés du foot se retrouvaient à l'Alaska, glacier tenu par un certain Orrazzio. Le QG des “footbalophiles” migre vers la Boule de neige, puis aux Champs Elysées, toujours tenus par Orrazzio. Pour Lino, c'était la belle époque, dont il garde un superbe souvenir.
«Le sport est une bonne école. J'ai moi-même fait un peu de tout : du football, mais aussi du rugby, du handball, de l'athlétisme et du basket.
Lorsque j'étais jeune, la première chose que je faisais lorsque je recevais mon emploi du temps en début d'année était de voir si mon emploi du samedi après-midi me permettait de rejoindre le terrain pour jouer ».
Hobby
Après cinq années au Matin, Lino arrête son travail de presse écrit pour travailler sur un projet d'agence de communication.
« L'idée était de créer une agence de sponsoring et de communication, mais le projet est tombé à l'eau » se souvient Lino. A cette époque, il y avait aussi un projet de chaîne télévisée, pour laquelle Lino faisait la navette entre Casablanca et Milan. Il commence ensuite à la chambre de commerce italienne. Il en est le directeur depuis 1989.
Parallèlement à son travail à la chambre de commerce, Lino Bacco commente les matchs de football italien sur la 2ème chaîne.
«Pour moi, c'est une soupape. La télévision, c'est plus qu'un hobby, une véritable passion».
Et bien sûr, il voyage, assiste à des matchs qui ont marqué l'histoire, dans des lieux de légende.
«J'en ai vu des matchs. Mais au stade olympique de Rome, il y a une atmosphère si particulière, des chants et une ambiance que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Un spectacle à Rome, c'est unique». Mourad Moutawakil, son confrère sur Planète foot, acquiesce : “c'est un des meilleurs souvenirs que j'ai avec Lino. C'est un grand monsieur, dans tous les sens du terme. Il nous aide énormément grâce à l'expérience qu'il a accumulée tant au niveau de la télévision qu'à celui de la presse écrite. Il m'a appris à avoir de l'assurance” affirme Mourad.
Pour Lino, s'il ne devait rester qu'un match, ce serait un certain Maroc-Algérie dans les années 70, dont le résultat a été un 3-0 grâce à un certain Boujemâa.
Larbi Ben M'Barek, la perle noire, reste pour Lino le joueur le plus doué de l'histoire du football. «Je l'ai vu à l'½uvre. Il a fait dans les années 50 ce que des joueurs italiens, brésiliens ou argentins font aujourd'hui, mais sur un terrain difficile, avec des godasses peu pratiques et avec un ballon qui pesait des tonnes!» justifie-t-il. Mais il y en a d'autres qui l'ont marqué.
Il cite d'ailleurs Lkhmiri, Bettach... Tous les joueurs qui ont fait les heures de gloire de la Rabita lors des matchs de bienfaisance.
Valeurs
Lino est père d'une petite fille. En bon méditerranéen, il est attaché aux valeurs de la famille et défend son pays. Mais lequel? « Lorsque je suis en Italie, je défends le Maroc bec et ongles. Lorsque je suis au Maroc, je suis plus italien que jamais! ». Malgré ses fréquents voyages, Lino n'a jamais eu envie de quitter le Maroc ou de revenir en Italie pour de bon. «Je suis un caméléon. Je me sens bien partout. Mais c'est au Maroc que j'aime revenir».
Si Lino est un féru de foot, il se passionne pour Internet, pour le cinéma et la lecture. En ce moment, il lit Justice, terre des hommes, un livre offert par Mohamed M'jid.
L'actualité de Lino, c'est un annuaire du football marocain, paru depuis quelque temps chez 2M éditions et fruit de six ans de travail. «Comme j'ai dit lors de la présentation du livre, je n'ai pas inventé l'eau chaude. J'ai juste senti qu'il y avait un vide, un besoin.
Et tout en prenant compte des livres déjà existants sur le sujet,j'ai essayé d'apporter ma modeste contribution, plus synthétique et sans prétention, que je compte bien étoffer plus tard». Une contribution tout à son honneur.




